mercredi, décembre 19, 2012 Mad, ma vie, c'est une sorte d'autobiographie de Jean-Pierre Putters vue exclusivement sous l'angle de la revue qui est aussi son bébé, Mad Movies. On y retrouve son art du calembour, on y plonge dans le Paris des nostalgiques des salles de quartiers et on y suit l'évolution du magazine, de ses débuts à 2001, date où le boss à revendu l'affaire.
On lit, en filigrane, quelques haines et règlements de compte et les intervenants qui viennent rendre hommage à Putters dévoilent quelques traits de caractères en répondant tous aux mêmes questions. On devine aussi une guerre de succession qui n'a pas dû être sympa, après son départ, tout ceux qui parlent semblant être remontés contre la période Djoumi (que j'aimais bien, perso, malgré ou peut-être à cause de ses excès).
On se prend à rêver d'un gros libre sur l'histoire du magazine, un truc comme le bouquin sur Métal Hurlant de Marmonnier avec des témoignages de tous ceux qui ont fait la revue.
L'anecdote qui fait mal, c'est de voir toutes les couvertures de Mad et de se dire qu'on le lit régulièrement depuis 1987.
Safety not guaranteed est un film basé sur un fait réel.
Hopla, je vous arrête tout de suite, ce n'est pas du tout ce que vous croyez. Le fait réel en question est une petite annonce parue dans un magazine et disant: "Recherche personne pour repartir dans le passé avec moi. Ce n'est pas une blague. Vous serez payé au retour. Devez apporter votre propre arme. Sécurité non garantie. Je n'ai fait ça qu'une fois."
Bon, évidemment c'était une blague.
Mais le film que ça a inspiré n'en est pas une. C'est même excellent. Super scénar qui joue à plusieurs niveaux sur le riff du passé, supers dialogues (la phrase "ce n'est pas seulement un fille, mais un lieu et un moment" est magnifique dans son contexte, je trouve), une simplicité qui renforce le propos. Bref, une belle surprise.
J'ai déjà oublié Looper, moi...
L'histoire incroyable et pourtant véritablement vraie du jour:
Médiathèque de Gradignan, section jeunesse, je lis une histoire à ma fille. Un type debout face à moi, qui est là, avec ses gamins, m'écoute et finit par m'interrompre:
"Il me semble avoir reconnu votre voix, c'est pas vous qui faites Le Palais des déviants? J'aime beaucoup votre émission et en plus vous y dites du bien de moi."
C'était Cécil, le dessinateur, entre autres, de Holmes sur scénario du camarade Luc Brunschwig. S'en est suivi une discussion aussi intéressante qu'inattendue...
Looper. Assez déçu. Concept intéressant, mais pas vraiment traité et aucune logique interne au récit. Le gars prend des éléments qui vont lui servir pour son histoire sans soucis de cohérence. L'histoire aurait pu être la même avec moins de high concepts et le film s'en serait peut-être mieux porté. En même temps, la réal est tellement peu inspirée que les scènes chocs sont les seules que l'on retient après la projection.
Vous me remettrez une petite louche de Primer, pour ma part.
Je regarde un peu ce qui se fait en tablette en ce moment. On verra sans doute quand les prix auront baissés après noël. Je n'ai pas d'I-phone (j'ai un dumbphone comme dit Séb) et je ne pratique donc pas les applis.
Mais l'évolution des interfaces ne va pas dans le bon sens, je trouve. Plus de simplicité dans la façon d'aborder les objets informatiques veut aussi dire de moins en moins de connaissance sur ce qui se trouve sous le moteur.
Il y a 25 ans, lorsque je chargeais un jeu sur mon Amstrad, je devais taper une ligne de code, toute simple, mais tout de même. Je savais que ça existait. Je savais qu'il y avait un langage qui faisait fonctionner tout ça. Je n'ai aucune compétence de programmation (j'ai réussi à fabriquer, de bric et de broc, mon site, mais c'est bien tout), mais je sais tout de même ce qu'est du code, une interface, toutes ces choses que la plupart des utilisateurs d'aujourd'hui, aidés par la simplification des utilisations, ignorent complètement.
Il est sûr que cette simplification des usages permet au plus grand nombre d'utiliser l'informatique, mais est-ce un bien que d'aller dans le sens de l'ignorance ?
Des interfaces toujours plus simples, tactiles, enfantins (d'ailleurs les enfants savent instinctivement se servir d'une tablette) sont-elles vraiment une évolution positive ?
A part pour le commerce, hein ?
Je ne sais pas réparer une bagnole. Je sais qu'elle démarre quand je tourne la clé et je sais la conduire. Un utilisateur de tablette est dans la même position avec son appareil. Dans un cas comme dans l'autre, je trouve ça dommage (j'adorerai pouvoir éviter de filer des thunes à un escroc de garagiste).
Et c'est la même chose avec internet. Les premiers utilisateurs ont dû s'accrocher pour fabriquer leur site, pour trouver des camarades qui avaient la même passion qu'eux etc. La créativité était "obligatoire".
Aujourd'hui, on ne fabrique plus de site, mais on se "crée" une page facebook.
On pourra sans doute classer ce post dans mon dossier "c'était mieux avant", mais à côté des usages du plus grand nombre, restent encore des créations intéressantes, des gens qui tente d'améliorer les outils (j'ai encore un peu peur de Linux, je suis frileux et je ne me trouve pas assez compétent, mais le concept me botte), du bon, quoi.
Et à part lire des bédés et les journaux, je ne sais pas vraiment ce que je vais pouvoir faire d'une tablette.
12:21
Dormi quatre heures. Passé la soirée dans un bar... à ne pas boire une goutte d'alcool et à servir de figurant dans le film de mon pote Jérôme Meynardie. Au début, c'est rigolo, mais au bout de quelques heures, la fatigue aidant, ça devient dur. Dur de ne rien faire.
Et évidemment, c'est aujourd'hui que nous allons enregistrer un nouvel épisode du Palais des déviants. Le professeur sait bien que même avec peu de sommeil, je reste une brute. Ca doit être ça.
09:45
Fini Karoo. Pas le chef d'oeuvre annoncé dans une sorte d'unanimité critique et publique, mais un excellent bouquin qui mêle la pudeur et le dévoilement avec une subtilité rare.
Du même auteur, mais au poste de scénariste, j'aime aussi beaucoup Breaking Away (La Bande des quatre), un film tout aussi subtil et drôle sur le passage à l'âge adulte dans une petite ville partagée en deux.
Et pour une fois, ce film est vraiment sur le cyclimse.
Un peu effaré par les commentaires laissés ça et là par des petits jeunes (j'espère que ce sont des petits jeunes) sur le fait que Plus ou moins geek ne soit plus maintenant dispo gratos sur internet. Que certains râlent, j'arrive encore à le concevoir, mais que quelques-uns à qui on explique que sans le financement d'une chaîne de télé, il n'y aura plus d'émission et qu'il est est donc normal que ce soit en exclu sur cette chaîne payante, que ceux-là, donc, disent qu'ils préféreraient que l'émission n'existe plus plutôt qu'ils ne puissent plus la voir ou qu'on (je ne sais pas qui, mais quelqu'un) les trahit m'interroge un brin sur la mentalité qu'a engendré la possibilité d'avoir énormément de contenu gratuit.
Chez certains, une minorité j'espère, l'idée qu'on puisse tout avoir et tout de suite semble être devenu une telle habitude que payer pour obtenir un meilleur contenu paraît à la limite de l'insulte. Ouais, c'est ça, certains des râleurs se sentent insultés qu'on leur demande une contrepartie pour le travail fourni.
C'est assez effrayant.
La frustration et l'envie font partie du plaisir d'arriver à dégoter des artéfacts il me semble. Je regrettais, moi aussi, de ne pas avoir Canal Plus lorsqu'à douze ans, je voyais les bandes annonces en clair pour Conan le Barbare en sachant que je ne pourrais pas le regarder ensuite. Je n'en ai été que plus content de découvrir le film quelques années après.
Loin de moi l'idée de comparer les deux, mais du fait de regretter de ne pouvoir voir un programme au sentiment de "trahison" ressenti par certains, il y a une marche qui m'apparaissait gigantesque. Je me leurrais, visiblement. Ça me fait aussi penser, toute proportion gardée, au "George Martin n'est pas votre pute" de Neil Gaiman et plus généralement à tous ces fans (spectateurs, lecteurs, auditeurs, joueurs) qui pensent qu'une oeuvre leur appartient.
Et je m'arrête là parce que tout ça est très complexe et que je réagis un peu à vif à des commentaires débiles, finalement sans grand intérêt, et, qui plus est, qui ne me concernent pas directement.
Mieux vaut sans doute que je reste dans ma grotte à tenter d'écrire.
Hier, reçu les dernières nouveautés dickienne chez J'ai Lu. Et c'est en rangeant Blade Runner dans ma bibliothèque à côté du Maître du Haut Château que ça m'a frappé. Deux romans de Dick, un avec une postface de bibi et l'autre du professeur Etienne Barillier. Jusqu'ici, je n'y avais jamais pensé, mais j'ai eu une soudaine bouffée de fierté. Pas d'avoir collé maladroitement mon nom à celui du maître, mais de participer à ces rééditions en ajoutant des textes qui, je l'espère ont un intérêt. Et surtout, surtout de l'avoir fait avec mon pote, comme si on était arrivé, tous les deux, à faire quelque chose d'un petit peu important dans nos vies. C'est con, hein ?
09:49
Je ne sais pas combien d'entre vous sont abonnés à Canal Sat, mais jeudi soir à 20h45, débute la diffusion de la nouvelle saison de Plus ou moins Geek sur Planète + No limit. Avec des reportages bien mieux gaulés, des interventions bien plus pertinentes, un décor cent fois plus beau, du liant, de bons moments de rigolades etc.
On a déjà enregistré pas mal d'émissions et le résultat est bien meilleur que l'année dernière. Je suis ravi de participer à cette aventure. D'abord parce que je parle de ce que je veux et que j'alterne les sujets grand public avec des choses bien plus pointues (a-t-on déjà évoqué American Flagg à la télévision française ?) et ensuite parce que les quelques retours que j'ai me prouvent que ça vaut la peine. Régulièrement, je croise des téléspectateurs, jeunes ou moins jeunes d'ailleurs, qui me remercient de "leur avoir fait découvrir Philip K. Dick" (sic) ou de "les intéresser à Asimov". Et honnêtement, entendre dire ça me suffit amplement. J'espère que ça va marcher aussi bien avec Harlan Ellison ou Michel Jeury...
Au programme de jeudi soir, plusieurs émissions où je parle de Steve Ditko, de Hellblazer, d'Andreas et d'Harlan Ellison justement.
En plus du plaisir à participer à l'émission proprement dite, il y a les à-côtés. En coulisse, toute l'équipe est formidable, de vraies amitiés se créent et on se marre énormément. J'espère que ça se voit à l'antenne et que si, en la regardant, vous prenez un dixième du plaisir qu'on a à faire l'émission, la mission sera accomplie.
Beaucoup de concerts cette année. Beaucoup de bons concerts. Vous avez tous suivis, j'en suis sûr, le récit trépidant de mon épopée à Barcelone. Oui, oui, j'en suis sûr.
Comme ça, parmi mes souvenirs de l'année me reviennent le Tick Tock du Wedding Present joué en rappel, les cordes qui accompagnaient Dominique A. à Barcelone, la timidité du chanteur de Beirut, l'émotion de Nick Garrie qui jouait pour la première fois son album mythique (pour le coup le terme n'est pas galvaudé), les trois heures de show de Cure, la furie sonore de Bob Mould à Amsterdam et j'en oublie un paquet (je passe sur les trucs merdiques: la déception des Buzzcocks, par exemple).
Hier soir, c'était probablement mon dernier concert de l'année. Deux groupes de pop français.
Les deux premiers morceaux de Concrete Knives m'ont fait très peur. Je me suis dit que j'allais détester tous le set. Puis dès le troisième, ça s'est amélioré et le public s'est réchauffé (les bordelais roulent au diesel).
Mais le vrai bon moment d'hier soir a été la prestation des Bewitched Hands: pop à refrain, paroles un peu naze (mais on s'en cogne), énergie et compos ultra-bonnes. Un groupe qui ressemble à des Arcade Fire qui auraient écouter les Beach Boys ou Big Star au lieu de Goran Bregovic. Un de ces concerts qu'on passe en se dandinant, le sourire aux lèvres.
Lu A la Poursuite de Dracula, le troisième volume des aventures de Simon Sanahujas et Gwenn Dubourthoumieu. Après Conan et Tarzan, les deux compères tracent en Roumanie et à Londres à la recherche des lieux entrevus dans la fiction de Stoker.
Comme d'habitude, c'est drôle, beau et on apprend plein de choses. Je suis moins proche de ce personnage que des deux autres (le Conan reste indépassable, pour moi), mais il faut avouer que le concept est génial et l'exécution commence à être bien rodée.
Hier soir, je m'installe au lit, bien décidé à finir de lire un roman, mais lorsque j'ouvre ma liseuse, j'y lis: Veuillez recharger votre liseuse.
Merde. Ca n'arriverait pas avec un bon vieux livre papier, ça, ma bonne dame.
Du coup, j'ai commencé Karoo.
09:36
Deux jours de colloque, la semaine dernière, à la bibliothèque municipale de Bordeaux et à la fac (mon ancienne fac, pour tout avouer). Rencontré Jean-Luc Rivera, très sympathique et source inépuisable d'anecdotes fortéennes, et passé du temps avec le Professeur Xavier, assez en forme lui aussi. J'ai assisté à des communications et participé à deux tables rondes où j'ai, encore plus que d'habitude, raconté des bêtises.
Vu le premier épisode des Revenants hier soir. Ambiance Twin Peaks (jusque dans les décors américanisés), mais malgré un ou deux défauts, ce pilote était bien foutu et prenant. Il faut juste arrêter avec le cliché des agressions dans les tunnels souterrains (ça n'a pas déjà été fait cent fois, mais mille fois). La musique de Mogwai fonctionne bien, moins présente que dans Zidane, sans doute plus intégrée aux événements, stressante juste ce qu'il faut.
En train de lire La Théorie de l'information d'Aurélien Bellanger, sorte de bio romancée de Xavier Niel, le patron de Free. Très bon livre si on le considère seulement sous l'angle de l'essai qui relate l'arrivée des réseaux de communications en France, une sorte d'histoire du minitel et de l'internet hexagonal. Aucun intérêt en tant que roman. Du sous-Houellebecq (Lehman m'avait d'ailleurs prévenu à ce sujet). Dommage, car c'est un sujet dont je me sens proche. Il y avait Claude Shannon dans Neurotwistin' et j'essayais d'y aborder les choses de manière moins frontale, mais au final, on racontait sans doute la même histoire (sauf que la mienne était probablement trop influencée par les Invisibles). Restent quelques envolées qui tombent à plat et quelques images, comparaisons entre le décor et le sujet, qui marquent. C'est peu. Mais j'ai beaucoup appris.
J'ai reçu le contrat, je peux donc en parler. Je vais écrire la suite d'Infiltrés pour la collection Thriller chez Rageot. L'accueil fait au roman est tel que les éditeurs m'ont demandé un autre bouquin. Je m'étais laissé des portes ouvertes pour une suite. Il est temps de franchir les seuils...
11:39
D'abord aux Utopiales. Puis à la semaine de tournage qui a suivi. Les abonnés à Canal Sat verront le résultat à partir du 6 décembre sur Planète + No Limit. J'ai tenté de parler de choses un peu méconnues entre deux bédés ou romans grand public. J'évoque Michel Jeury, Howard Chaykin, Grant Morrison, Warren Ellis, bref, mes suspects habituels. Je remercie d'ailleurs publiquement David et Mylène, de Daroo productions, de nous laisser une telle liberté et une telle confiance dans le choix de nos sujets. J'espère viser juste.
Les sorties en festival et autres enregistrements sont terminées pour l'année. Bon, il reste bien le colloque SF qui commence demain, mais j'y joue à domicile et je n'y fais pas grand chose. Je participe simplement à une table ronde jeudi et à une autre vendredi matin, à la fac. L'occasion de revoir des potes et d'entendre des choses intelligentes.
En attendant, je traduis du Spider-Man à 25 bulles par planches et j'essaie de rattraper mon retard sur Treme. Dans la série, Antoine Baptiste, le trombone de la Nouvelle Orléans, tente de se mettre au be-bop. Fascinant.
Et c'est sans doute ce que je devrais faire, désormais. Me mettre au bop.
16:38
Les Utopiales. Quatre jours à fond. Un tourbillon.
Un tas de copains, évidemment. Des séances de dédicace qui font plaisir. Les lecteurs qui viennent me voir à cette occasion sont toujours intéressants, comme si on se comprenait instantanément. Enormément de signatures sur l'antho des Utopiales pour laquelle j'ai répondu à des interviews en disant beaucoup de bêtises.
Et des grands moments: McKean, gros fan de Herbie Hancock qui fait du air piano en me regardant étrangement. Il avait tellement bien préparé sa rencontre que je n'ai rien eu à faire. J'étais juste le spectateur le mieux placé pour l'écouter. Et diantre, quel bonheur de le voir montrer ses dessins et de l'écouter parler de sa carrière.
Michael Moorcock qui me parle de Jerry Cornelius et de New Worlds. Et quand Moorcock et sa femme te font des compliments, la gueule de bois disparaît instantanément, c'est magique.
Avec Roland Lehoucq, Daniel Tron, Dave Calvo, Emile Bravo lors de la conférence sur l'humour et la science. Gros show de Daniel Tron qui explique la science dans le cinéma hollywoodien contemporain (vivement la vidéo).
La rencontre avec une partie de l'équipe d'Alter Ego, Ricard, Pierre-Paul et Benjamin, aussi sympathiques que talentueux.
Je passe sur toutes les bêtises faites pour la TV. Vous verrez tout ça le moment venu.
Avec Philippe Buchet, Olivier Paque et JD Morvan pour parler des Empires Galactiques. La vidéo.
Avec Hervé Tanquerelle, Brüno, Gwen de Bonneval, Cyril Pedrosa, Fabien Vehlman et Georges Mérel pour la présentation de Professeur Cyclope. Tout le monde se demandait ce que je foutais là. Moi aussi. Mais c'était sympa quand même parce qu'ils sont amicaux et drôles.Et leur projet est bigrement intéressant.
Avec Ariel Kyrou, Daniel Tron, Norman Spinrad, El grande professor Etienne Barillier et Antoine Mottier. "Radio Libre Albemuth a été tourné avec une minute du budget d'Avatar". La vidéo.
J'ai été aussi bluffé par l'aisance et le professionnalisme de Neil Gaiman, dont je suis loin d'être fan, mais dont chaque réponse était une petite histoire bien construite et qui a lu magnifiquement... Ha (ça c'est pour Mélanie et René-Marc), il m'a dit qu'il reviendrait et, cette fois, avec sa femme.
Il manque encore des vidéos et des photos... Je reviendrai mettre à jour.
10:26
Par sens du devoir (après tout, j'ai écrit un livre sur Bond), je suis allé voir Skyfall. Que ceux qui ne l'ont pas vus et comptent le faire arrêtent tout de suite de lire pour ne pas que je leur gâche le plaisir.
Sans doute le plus beau film de la saga (je le dis avec d'autant plus de certitude que je ne les ai pas tous vus), la photo est vraiment magnifique. Les scènes d'actions sont lisibles, claires, pas forcément très spectaculaires, mais possèdent un vrai enjeu à chaque fois. En aurait-on fini avec plus de dix années de shakycam merdique ?
Niveau scénario, pour le connaisseur, le film ressemble à un remix d'une poignée d’éléments de la mythologie bondienne. Tout le début est une sorte de remake d'On ne vit que deux fois, avec la fausse mort, la nécro rédigée par M, la nana avec qui il fraye (et qu'il a, normalement, dû mettre enceinte), et même l'île du méchant qui fait penser au château de Blofeld. Puis toute la fin poursuit la remise à neuf du personnage en lui offrant un trauma infantile et un semblant d'origine. Ce n'est pas inintéressant, mais, et attention, là je passe en mode enculeur de mouche bondien, ça brise la théorie déjà bien mise à mal du James Bond comme nom de code que les agents se refilent. Alors qu'en même temps, la présence de l'Aston Martin de Goldfinger (même immatriculation), au-delà du clin d'oeil, aurait permis de donner une base solide à cette possibilité. Il est dommage que ce jeu de clin d'oeil des scénaristes ne reste qu'au stade de l'hommage sans justification scénaristique véritable. On ne peut pas pas tout avoir: cinquante ans de mythologie qu'on rêverait d'exploiter et un personnage tout neuf, moderne qu'on peut réexploiter à loisir. Enfin, on pourrait si on prenait la peine d'expliquer ce qu'il en est véritablement de ce nom "James Bond".
J'ai aussi eu l'impression qu'on avait droit à une apparition d'une Modesty Blaise d'un univers alternatif, mais ce n'est peut-être que moi...
Dans une semaine, à la même heure, je serai dans le train interminable qui me mènera à Nantes pour les Utopiales.
Mon programme:
Jeudi 8:
- 17h : Dédicace
- 18h30 : Cours du soir sur les comics et la SF (attention, les places sont limités, il faut s'inscrire pour pouvoir y assister). Ce sera une petite introduction sur les rapports nombreux et qui ne datent pas d'hier entre la bande dessinée américaine et la science-fiction.
Vendredi 9 :
- 11h : Je participe à une table ronde. L’Androïde qui écrivait : hommage à Philip K. Dick. Alors que la disparition de l'écrivain date de trente ans, l'oeuvre de Philip K. Dick est plus vivante que jamais. Son obsession... de l'humain nous parle. Mais, si le cinéma s’en est saisi, où sont aujourd’hui les véritables héritiers littéraires du maître ?
Avec : É. Barillier, L. Queyssi, N. Spinrad, D. Tron
Modération : A. Mottier
- 12h : Dédicace
- 14 h : J'anime une table ronde. Les empires galactiques sont-ils obsolètes ? Pendant longtemps, l’empire galactique a été la figure de proue du space opera marqué par la fantasy et la démesure. Mais depuis les années 90, une nouvelle génération d’auteurs a dépoussiéré le genre en puisant dans les dernières découvertes scientifiques, et en se tournant vers d’autres formes d’organisation politique. Mais la nostalgie de l’âge d’or reste forte, comme en attestent les rééditions : la vieille fantasy et ses boulons ont-ils véritablement disparu ?
Avec : P. Buchet, J.-D. Morvan, O. Paquet, S. Pellé
- 15 h : Dédicace - 19 h : Je participe à une table ronde. Professeur Cyclope en vue !
Une rencontre dédiée au numérique et à la BD avec le
Professeur Cyclope en fer de lance... Mais également un dialogue avec d’autres acteurs du numérique.
Avec : G. de Bonneval, Brüno, C. Pedrosa, L. Queyssi, H. Tanquerelle, F. Vehlmann
Modération : G. Mérel
Samedi 10 :
- 13 h : J'anime la rencontre avec Dave McKean (un grand moment, pour moi, face à ce superbe artiste).
David McKean est illustrateur, graphiste, réalisateur, musicien et dessinateur de comics. Il a travaillé pour
The New-Yorker, avec Grant Morrison et surtout Neil Gaiman et a aussi illustré les albums d’Alice Cooper, Tori Amos et Machine Head. Sa collaboration avec Neil Gaiman a déjà profondément marqué les domaines de l'Imaginaire.
- 16 h : Dédicace
- 18 h : J'anime une table ronde Les multiples personnalités d’Alter Ego. Se déployant en six volets, Alter Ego propose six albums, six héros, six points de vue, entre complot international, découverte scientifique et lutte pour la liberté. Pour produire cette série, le réalisateur Pierre-Paul Renders a rassemblé autour de lui un studio : neuf personnes qui ont travaillé ensemble, entre la Belgique, la France, l’Espagne et l’Italie.
Avec : B. Benéteau, Efa, P.-P. Renders
Dimanche 11 :
- 12 h 30 : J'anime une table ronde The Big Bang Theory : l’humour sert-il la science ? De la photo d’Einstein qui tire la langue aux facéties
délirantes du personnage de Sheldon dans la série the Big Bang Theory, l’humour a souvent été le corollaire des recherches les plus sérieuses. Dans ce cadre, peut-on le considérer comme un des éléments inhérents à toute démarche scientifique ?
Avec : É. Bravo, D. Calvo, R. Lehoucq, D. Tron
Ensuite, je vais dormir pendant 14 heures d'affilées avant de repartir enregistrer d'autres émissions avec la bande de branques de Plus ou moins geek.
Samedi, j'ai fait un tour au salon du disque. Un raout bisannuel où des vendeurs de vinyles, CD et autres statuettes à l'effigie de Johnny se rassemblent pour fourguer leur came aux tarés comme moi qui écoutent encore leur musique sur des machines conçues à cet effet. J'adore cette ambiance studieuse où tout le monde fouille les bacs à la recherche de la perle à 5 euros où de la galette (où entend-on ce mot ailleurs, à part peut-être dans des crêperies bretonnes ?) hors de prix, mais qui manquait à sa collection. J'y espionne, sans le vouloir, les conversations de ceux qui m'entourent et même si, très souvent, je ne comprends pas vraiment à quoi il est fait référence, j'aime baigner dans cette atmosphère. Deux nanas du fan club de Michael Jackson ou des vieux barbus à fond sur les vieux groupes psychés, ça reste de l'esperanto pour moi: je reconnais quelques mots, mais la portée des propos m'échappe.
Peu importe, tous ces gens sont des passionnés. Et même si leur quête du collector de tel ou tel artiste me paraît étrange, incompréhensible voire ridicule (tout en n'étant pas dupe: ils pensent la même chose de moi), voilà des gens dont je peux comprendre le comportement, les élans, les motivations. Nous partageons certaines émotions. Ils ont les mêmes joies que moi lorsque je tombe sur un disque que je n'avais jamais vu et qui rentre dans mon budget. Les mêmes déceptions quand le vendeur leur répond : "Ha ouais, celui avec la pochette où ils sont dos à dos ? Je l'avais, mais je ne l'ai plus". Les mêmes regards de connivence lorsqu'ils entendent, à côté d'eux : " Tu l'as écouté celui-ci ? Il est super, mais le pressage est merdique."
Je ne suis pas, contrairement à certains, un vrai collectionneur. Je me fous du pressage ou de l'état de la pochette (tant qu'elle ne tombe pas en lambeaux). J'aime écouter les disques, les poser devant ma bibliothèques pour que leurs couvertures entourent mon quotidien, j'aime savoir que je peux écouter tel ou tel album en vinyle, en CD, voire en K7 et que je n'aurais pas à le passer sur Spotify ou en MP3.
Pour les tarés comme moi, ce site est rassurant. Il y a toujours pire que soi.
Et la collec de John Peel est pas mal non plus.
Enfin fini les préparations des prochains enregistrements télé, mais aussi des tables rondes et rencontres que je dois animer aux Utopiales. Toujours en train de lire un tas de choses en rapport avec ces préparations.
Toutes les rencontres et les tables rondes auxquelles je participe sont annoncées ici. Les horaires de dédicaces ne sont pas encore connus.
Parallèlement, j'arrive au bout du script du premier tome du gros projet bédé secret dont les planches sont, jusqu'ici, époustouflantes. Il me tarde vraiment de pouvoir annoncer tout ça et de montrer quelques extraits.
Ce soir, concert de Dominique A qui, j'espère, sera aussi époustouflant qu'il l'a été à Barcelone en mai.
La semaine dernière, celui des Wedding Present était formidable. Petite salle, bonne ambiance, excellent moment.
Ce blog est quasi-mort, non ?
Pas vraiment puisque j'y poste une fois par mois. Mais on ne peut pas non plus dire qu'il respire l'enthousiasme. Pas motivé, pas le temps, vous voyez, quoi. C'est sans doute parce que je fais un tas de choses intéressantes à côté. Plutôt bon signe.
J'ai fini mon petit marathon SNCF de la semaine dernière (Bordeaux/Epinal, Epinal/Bordeaux, puis aller retour Paris).
Les enregistrements télé vaudraient sans doute un long post bien détaillé, mais tout ça resurgira sans doute plus tard dans une fiction quelconque. On s'amuse bien et les choses s'améliorent (je bosse pour être plus à l'aise, ça va venir). Je prends plaisir à retrouver toute cette petite équipe à chaque fois. C'est sans doute l'essentiel.
Samedi, c'était la journée Dick au Motif. Tous ces gens réunis autour de Dick et de son oeuvre, un genre d'après-midi de rêve pour moi (et que dire d'Etienne ?). Ravi des rencontres et de la haute tenue des interventions. C'était vraiment très bien. L'audio de ma conf est là (réduite parce qu'il y avait du retard). Il manque le récits de Philippe Hupp et de Dominique Douay sur la venue de Dick à Metz qui, s'il était le plus anecdotique, fut sans doute le plus intrinsèquement passionnant. La performance de David Fischer et Aurélien Lemant valait elle aussi sacrément le coup.
Samedi soir, rencontré le dessinateur de mon méga super projet secret de 2014. Dès qu'on a un logo et l'autorisation de l'éditeur, on en parle.
Etienne et moi. (non, non, Etienne ne s'est pas endormi pendant que je parlais).
17:42
J'ai écrit un texte dans l'antho Contrepointsdont le point de départ n'était pas forcément évident. Le résultat est, comment dire, expérimental pour le moins. Ca parle d'abus sexuel et d'une chanson des Breeders. Ca s'appelle "Tammy tout le temps" et je ne sais vraiment pas si ça va parler à quelqu'un.
Il y a plein d'autres textes d'autres auteurs, mais que je n'ai pas encore lus.
10:18
The Newsroom, ok, c'est bien foutu, les dialogues sont percutants et parfois drôles, et on sent que Sorkin a remplacé les walk and talk par des scènes où l'un des deux persos est assis et l'autre debout penché vers lui. En revanche, c'est aussi réaliste qu'un bon vieil épisode des Maîtres de l'univers (non seulement, personne ne reconnait le prince Adam, mais en plus y'a un mec avec une tête de squelette et un tigre avec une selle).
Le coup des journalistes hyper intègre, je dis pas, à la limite ça peut passer. A la TV, avec la pression de l'audience, c'est déjà moins crédible. Mais passons, Sorkin fantasme une fois de plus les Etats-Unis dont il rêve et refait l'histoire. C'est intéressant, mais ça ne marche pas. On n'y croit pas, même avec la meilleure volonté du monde. West wing souffrait déjà de ce syndrome, mais on était plus dans le compromis, dans la coulisse qui cherche moins à rectifier le réel qu'à le montrer. Dans The Newsroom, l'intransigeance factice des personnages, leur oubli de tout un pan de la réalité tend à discréditer le message que le créateur cherche à délivrer.
Et l'épisode sur la mort de Ben Laden a atteint des sommets de bêtise patriotique.
Ca se laisse regarder, quoi, c'est parfois brillant, mais malheureusement ces éclairs de génie sont posés sur un tapis d'idioties.
Quelques jours de la semaine dernière à Epinal pour enregistrer les cinq premiers numéros de la nouvelle saison de Plus ou moins Geek (j'y parle d'Andreas, de Ditko, de Hellblazer et d'Harlan Ellison). Un tourbillon crevant et passionnant à la fois. On m'a demandé de dire quelques répliques pour les mini-sketchs qui seront entre les chroniques et les reportages. J'ai assez peur de voir le résultat.
Niveau chroniques, en revanche, c'est beaucoup mieux. Enfin, c'est ce qu'il m'a semblé sur le plateau. La diffusion commence début novembre sur Planète No Limit, le jeudi soir.
J'y repars dans deux semaines. Je serai aussi au Motif à Paris, le 29 septembre, dans le cadre d'une après-midi sur PK Dick. Je parlerai avec un type que je connais peu, un certain Etienne B. Plus de détails bientôt.
12:12
Il parlait souvent des gens disparus qu'il avait aimé et qu'il n'oubliait pas. A plusieurs reprises, il m'avait raconté de fabuleuses épopées branques avec Jouanne. La dernière fois que je l'ai vu, à Genève, il avait longuement évoqué son pote Nono, de Brain Damage, dont la disparition, récente et subite, l'avait visiblement beaucoup atteint.
Contrairement à pas mal d'autres, à en juger par les hommages qui se multiplient sur la toile, beaucoup de lecteurs de mon âge l'avait découvert via sa chronique dans Casus Belli. Je n'ai jamais été roliste et c'est avec La Balle du néant, chaudement recommandé dans un Cyberdreams par Francis Valery, que je l'ai lu pour la première fois. Il existait donc des auteurs français qui écrivaient de la SF qui me plaisait et qui jouaient dans des groupes de rock.
La première fois que je l'ai rencontré, c'était en 1999 (ou 98?) à Nancy. Norman Spinrad, qui avait remarqué que j'étais tout seul, m'avait emmené à sa table. Je lui avais ensuite tourné autour comme il avait dû, des années auparavant, tourner autour de Michel Jeury. Le dernier jour, j'avais acheté un disque de Brain Damage, pour voir de quoi il retournait. On avait vite compris, tous les deux, que, même si nous aimions tous les deux le rock, ce n'était sans doute pas le même rock. On ne parlait pas souvent de musique, même si je pense qu'il en savait plus sur les groupes que j'écoutais que moi sur les siens. En revanche, quand j'avais une question sur la SF française, c'était vers lui que je me tournais.
Je l'avais revu un peu plus tard à Lodève. Je me rappelle du trajet jusqu'au resto qui faisait office de cantine. Je lui avais dit que j'avais participé au concours de nouvelles organisé par la 85ème dimension de Jérôme Vincent et dont il faisait partie du jury. Il m'avait répondu: "Il était bien, ton texte."
Un de ces rares phrases qui changent la vie.
Nous sommes devenus plus proches avec le temps. Il était venu pour la soirée de lancement de mon premier roman. Un occasion de faire la fête et de voir des amis, mais aussi de me montrer son soutien. Il savait l'importance de ces choses-là. Il avait passé une bonne partie de la soirée à discuter avec mes potes musiciens. C'était aussi son élément.
J'ai plein d'images en tête, un tas de conversions passionnantes ou débiles, des soirées tardives, ce joint partagé chez lui en écoutant, vers 3 heures du mat', un obscur groupe garage/psyché de je ne sais quel pays (j'avais fini par lui avouer que c'était quand même un peu chiant), ce repas chez moi où il avait raconté à ma brune l'histoire de minuscules sectes satanistes américaines, mais aussi tous ces bons passés en compagnie de ses livres.
Il me reste de lui l'image d'un homme qui n'accordait aucune importance à ce que les autres pouvaient bien penser de lui (ou alors il le cachait) et qui, il me semble, a mené sa vie comme il l'entendait. Je l'admirais aussi pour ça.
Je crois, malgré sa mort prématurée, qu'il avait réalisé quelques-uns de ses rêves. Peu d'êtres humains peuvent en dire autant.
Par une ironie pourrie, alors que j'habite juste à côté de l'endroit où a eu lieu la cérémonie d'adieu, je me trouvais loin pendant que ses amis et sa famille se réunissait. Voir tous ces gens ensemble m'aurait sans doute fait chaud au coeur. Les voir sans lui aurait été difficile.
Il va falloir s'habituer.
Dans trente ou quarante ans, un de ces admirateurs, sans doute pas encore né, écrira une uchronie sur le modèle de son HPL, dans laquelle un certain RCW a vécu centenaire et a fini figure tutélaire d'un mouvement de rock psyché du troisième millénaire.
Pas d'internet depuis dimanche, un peu sciemment. Aujourd'hui, j'arrive à Amsterdam et me connecte. Pour apprendre qu'un très bon pote est mort dimanche. Sous le choc.
19:06
Un film qui part dans tous les sens, bourré de références pas idiotes et qui représente parfaitement, il me semble, le tourbillon de sollicitations, d'images, de textes et conneries en tout genre auxquels les jeunes d'aujourd'hui sont exposés sans avoir forcément le recul nécessaire pour les traiter. Le film laisse sans doute la même impression de désorientation que si on avait 17 ans en 2011. Comme si on matait les comptes tumblr de tout un lycée.
C'est le mois d'août, les écrivains et les fonctionnaires parisiens sont en vacances, les Londoniens la gueule écrasée sous le talon d'une botte Nike, et moi je suis plongé en plein cauchemar de relectures. Je vous ai déjà parlé de ma passion pour les relectures, non ? Toujours un vrai plaisir.
Heureusement, il y a des bonnes nouvelles. Enfin, je trouve.
Warren Ellis a l'habitude de relayer les chiffres de Gardner Dozois concernant les ventes des revues SF anglo-saxonnes. Il le fait cette année et on remarque que le numérique a permis aux ventes de reprendre, notamment pour Asimov. Et le nombre de lecteurs touchés par Clarkesworld est encourageant. D'autant plus que la revue en ligne publie de la très haute qualité. De nouveaux lecteurs, donc.
Restent qu'à l'échelle du pays, comme pour les comics du reste, les ventes sont ridicules. Tout aussi ridicules qu'ici, d'ailleurs.
Maté le concert de Cure aux Vieilles Charrues enregistré l'autre jour. Enfin, le début du concert car les papys font des spectacles de 3 heures pendant que Madonna fait des abdos-fessiers.
Un peu ensuqué par trois heures de route, j'étais moins pris dans la musique et mon esprit a divagué joyeusement, ambiance canapé plus que foule serrée de concert.
Première remarque, le batteur est toujours aussi mauvais. Bon, c'est connu, classique, mais ce type doit quand même se dire à chaque fois qu'il entre en scène qu'il a vraiment du cul d'être là et pas en train d'animer un baloche des firemen de Stratford upon Avon avec un orchestre qui reprend INXS. Aucune fluidité, aucun groove, une machine, mais même pas une boite à rythme, non, un boiteux à rythme. La douleur se lit sur son visage et ça ne trompe pas. Les batteurs qui ferment les yeux, pur réflexe, lorsqu'ils donnent un coup de caisse claire, ne sont pas des batteurs naturels. Il ne vivent pas l'instrument, mais le subissent, lui tapent dessus parce qu'il le faut bien, parce qu'il y a un beat à suivre et qu'il faut pas déconner. La batterie c'est pas vraiment ça. Il faut le harceler, le beat, l'obliger à te suivre et pas subir. Même Lol, avec sa technique à deux balles et sa frappe froide et clinique était meilleur. Objectivement, évidemment qu'il est moins fort, qu'il maîtrise moins son instrument (et encore), mais ce qu'il faisait correspondait parfaitement à la musique du Cure d'alors. Elle la fondait, même. Tout autant que la guitare de Prisu de Robert sans le moindre sustain. Prenez John Bonham, Dave Grohl ou même le sympathique Ringo: clignaient-ils des yeux, eux ?
Les bons batteurs sont entièrement détachés de la frappe. Ils s'y mettent s'ils veulent, s'y engagent quand ils le désirent et dominent leur instrument. Le batteur de Cure est toujours à la poursuite de ce qu'il doit faire. (La version de Play for Today que j'ai vu à la téloche est, à ce titre, exemplaire.)
Il est l'air sympathique, sinon, ce type, mais s'il pouvait se faire embaucher dans The Essence, ça serait pas plus mal.
Deuxième remarque: Lullaby, ce serait pas un équivalent de L'Aigle Noir de Barbara ?
20:04
La Japan Expo/Comic Con, c'était à la fois pire et mieux que ce à quoi je m'attendais.
C'est évidemment une grande foire à la saucisse, faite pour vendre des peluches et autres DVD (assez peu de livres, finalement), trop immense, trop remplie et qui ne me correspond pas vraiment.
Je me suis perdu plusieurs fois dans l'immensité de ces halls bouillonnants, mais l'ambiance est assez sympa.
Les meilleurs moments ont été ces soirées passées à Paris avec mes potos Jim D. (oui, oui et re-oui, il existe. Charlotte V. a attendu les pompiers, un soir, avec lui. Elle peut témoigner.) et Fred B. puis avec toute l'équipe de Plus ou moins geek qui continue dans la surenchère de blagues. On s'est vraiment marrés comme des baleines.
J'ai aussi pu voir ma brune danser sur une scène immense avec un light show terrible et je peux l'avouer ici: ça le faisait.
J'ai aussi participé à un podcast (je ne sais pas trop pour qui, en revanche) et interviewé Serge Lehman pour partager quelques théories sur les super-héros.
L'entretien, et plein d'autres, sera diffusé dans l'émission à partir du 1 novembre tous les jeudis à 20h50 sur Planète No Limit.
Bon, les petits loulous, je pars donc à la Japan Expo (à la comic-con plus exactement) sans trop savoir à quoi m'attendre. Moi qui n'apprécie que moyennement la cohue et le côté foire d'Angoulême, j'avoue quelques craintes de me retrouver aussi à l'aise qu'un chanteur de charme dans un bar de marins.
Mais il sera néanmoins agréable de revoir toute la bande de Plus ou moins geek. On annoncera d'ailleurs ce que l'émission va devenir la saison prochaine.
On me trouvera donc sur le site de Badgeek (situé en DG23) vendredi et samedi avec les compères de l'émission et on pourra venir faire dédicacer ses livres voire même en acheter.
Oui, oui et re-oui, Sailor Moon sera là elle aussi...
Ce matin, accompagné la classe de ma fille au parc. On a vu des animaux, pique-niqué et fait de la tyrolienne et j'ai passé mon temps à chercher les quatre gamins dont je devais m'occuper. J'en ai même perdu une de vue pendant une trentaine de secondes. Quand j'ai enfin prononcé à haute voix "Mais elle est où, Lilou?", c'est elle-même qui m'a répondu: "ici." Je la tenais par la main depuis le début.
M'ont épuisé les salopiauds.
J'arrive sur la fin de l'unique saison de Terriers (me reste un épisode à voir), une série, vous l'aurez compris, annulée au bout de treize épisodes et qui, sans prétention, se révèle un divertissement haut de gamme dans le genre The Shield (niveau divertissement), mais mieux gaulé dans l'écriture.
Non, je ne vais pas voir Lou Reed ce soir à Bordeaux. Peur de me faire chier. Pour le même prix, je préférerais aller voir Herbie Hancock, mais c'est vraiment trop cher pour voir un bouddhiste roter son magret et son Château Margaux sur un piano à queue.
Sans parler des Bordelais pure souche estampillés "esclavage", sweater en coton sur les épaules, s'abreuvant de "Je n'aime pas trop le djazz, d'habitude, mais là j'avoue que c'est pas mal" entre deux applaudissements polis.
18:04
In 1959, when Whitney Balliett, the New Yorker's jazz critic, published a collection of his columns, he titled the book The Sound of Surprise. The promise of the unexpected, wrote Balliett, was jazz's most precious quality. In a year which went on to include the release of trumpeter Miles Davis' Kind of Blue (Columbia), saxophonist John Coltrane's Giant Steps(Atlantic), pianist Dave Brubeck's Time Out (Columbia) and saxophonist Ornette Coleman'sThe Shape of Jazz to Come (Atlantic), you could say Balliett was stating the obvious.
Five decades on, surprises in jazz are harder to find; great swathes of the music are locked in replication, the endless rehashing of past glories. And five decades after Balliett's book, the DNA of the musicians has changed, too; college courses churn out alumni for whom jazz is more a career than a calling. There is nothing wrong with the preservation of repertory or the acquisition of technical excellence, but without passion, and an engagement with the wider world, no music will prosper.
Aujourd'hui sortent deux bons disque.
Le nouveau Guided By Voices, le deuxième de l'année tout de même, avec d'excellents morceaux du formidable Tobin Sprout (qui peint des ray-guns pas dégueulasses lorsqu'il ne fait pas de la musique avec ses vieux potes).
Et le nouveau Motion City Soundtrack, meilleur, à la première écoute, que le précédent, malgré un single moins percutant.
Ca ne m'empêche pas d'écouter la compilation de John Peel de 1989.
Ca fait toujours plaisir d'être cité sur France Info. Le nouveau roman vient de sortir. Espérons qu'il sera aussi bien accueilli que le recueil.
Les week-ends de dédicaces et autres conférences sont terminées jusqu'à la rentrée. L'été sera tout de même chargé. Une grosse trad et une bonne plâtrée de planches à boucler. J'ai déjà un planning chargé pour la saison prochaine avec des gros salons et des surprises à annoncer.
Et il va falloir que je trouve le temps d'expulser quelques histoires qui tournent en rond dans ma tête, en commençant sans doute par la dernière sur laquelle je vais sans doute jouer à quitte ou double (elle sera soit très bonne, soit totalement ratée, il n'y aura pas de juste milieu).
15:22
La mort de Bradbury est le dernier clou du cercueil de la SF disent-ils ici (à 21'50).
Quel ramassis de conneries à la seconde, tout de même.
Ceci étant, je suis de plus en plus enclin à penser que la SF, en tout cas ce qui est regroupé sous ce vocable (un genre majoritairement anglo-saxon du vingtième siècle) est sur la fin. Il n'y a eu aucun mouvement de renouvellement du genre depuis 1984, aucune relance. Ca continue, tant bien que mal, sans grand éclat. La vieille dame SF telle qu'elle existait au vingtième est en train de mourir. On lui tient la main, car on continue à beaucoup l'aimer. (Exactement ce que je fais avec le jazz ou le rock n'roll, par exemple). On la lit, on continue à s'extasier, on y croit parfois, mais on n'en attends plus rien, au fond.
Et on espère se tromper.
Elle renaitra sans doute. Bientôt. Sous un autre nom, tout comme elle existait avant sous un autre nom, dans un autre pays et dans un autre siècle (c'est un peu Jenny Sparks, quoi).
On la voit aussi dans la multitude d'enfants et de petits-enfants qu'elle a eu avec d'autres genres. C'est peut-être ça son héritage, cette dilution qui recèle le même pourcentage de daube et de chefs d'oeuvre que le reste (loi de Sturgeon).
On parle beaucoup de ce genre de choses avec Seb Cevey, lorsqu'on travaille sur l'édito d'Angle Mort. Nos débats sont sans doute plus intéressants que le résultat final. Il rédige, je le fais chier, il me répond de manière intelligente, je le fais changer d'avis sur certains points, lui sur d'autres et on finit par une synthèse qui, je l'espère, est un peu plus intelligente que ce que nous aurions pondus seuls.
A ce propos, nous sommes en retard pour la publication du prochain Angle Mort, mais ça ne devrait plus tarder. Et il y aura encore du bon.
15:37
Bon, la curiosité l'a emporté. Je suis allé voir Prometheus.
Contrairement à pas mal de déçus, je n'en attendais rien ou pas grand chose. J'ai passé un bon moment, regrettant simplement un scénario un peu facile (mais qu'attendre de Damon Lindelof, certainement pas des éclairs de génie).
Le problème de cette geek culture qui tend à prendre le pouvoir à Hollywood (et parfois ailleurs), c'est qu'elle érige en chef d'oeuvre des films qui n'en sont pas. Alien est un très bon film d'horreur, une série B dans l'espace. Et c'est déjà beaucoup.
Attendre monts et merveilles de Prometheus sur la base de quelques jolies images ne pouvait que conduire à la catastrophe. Les plus remontés contre le film sont ceux qui l'encensaient et se pourléchaient les babines avant sa sortie.
Une vieille rengaine, quoi.
14:50
Dernier soir, samedi, au Primavera Sound de Barcelone.
Sharon Van Etten: mignonne, super guitare (la même que moi). Ca le fait.
Veronica Falls: gentillet. De la musique de cave qui ne le fait pas trop sur de telles scènes.
Atlas Sound: ça aurait pu être très intéressant. Mais pas concentré. Je discutais avec un joueur du Barça et son sidekick au t-shirt Going Blank Again.
En revanche, je décide juste après de zapper Beach House pour aller voir Dominique A. Je ne l'ai pas regretté une seconde. Assaut sonique conséquent, patate et paroles évocatrices. Superbe. Ca serait presque parfait s'il avait des mélodies dignes de ce nom et qu'il ne se contentait pas de scander ses vers.
Le festival s'est achevé sur Shellac. Tatapoum sauvage. Ils passent ce soir à Bordeaux, d'ailleurs, tout comme Beach House. C'était plus que très bien aussi. Steve Albini s'adresse aux ET et s'excuse pour la musique de merde diffusée sur les radios, mais pas pour John Peel. De la simple politesse.
Litres de bière ingurgités: 2,5 (le bon rythme).
Dans deux jours sort mon nouveau roman, Infiltrés. Pensez à vos fils, petits-neveux et grands-parents...
09:02
L’histoire de Nick Garrie et de son premier disque The Nightmare of JB Stanislas est longue
et complexe. Je vous la raconterais sans doute une autre fois, lorsque je
serais sorti de la moiteur de cet appartement barcelonais (et que Rob Dickinson
aura arrêter de hurler qu’il se confesse). Sachez juste qu’enregistré en 1969,
l’album n’est jamais sorti avant une reissue
sur un label espagnol en 2010. Et hier, pour la première fois, Nick Garrie
jouait le disque tel qu’il l’avait enregistré, avec un groupe et cinq cordes.
Le résultat ne fut pas exempt de quelques erreurs, mais aussi très beau, très
émouvant, le chanteur ne cachant pas son plaisir. La standing ovation finale a
été plus que méritée.
Je m’attendais à le voir arriver avec sa guitare et à jouer
les morceaux comme il le fait habituellement, seul, la surprise n’en a été que
meilleure.
Les Chameleons ont balancé leur son vaporeux en plein dans
la gueule d’un public au moins aussi vieux que moi. This music was made in
Manchester, England. Et ça se sentait.
I break horses fait du shoegaze avec des claviers distordus,
ce qui pour un puriste tatillon et casse-couille comme moi, est un peu facile. C’est
très bien, même s’il manque d’un petit quelque chose. Il ne se passe quasiment
rien sur scène, un reproche un peu constant que je ferais à ce type de groupes.
Lorsque Cure est arrivé sur scène, on s’attendait à un
défilé de tubes et de chansons taillées pour les festivals. Ce à quoi nous
avons eu droit. Mais pas que… Après un Bananfishbone en milieu de concert,
Robert et les vioques se sont lancés dans des rappels un peu improbables pour
ce type d’endroit. Mais comme le public (de connaisseurs, apparemment),
semblait en redemander, pourquoi se priver ? Fight, Dressing up, Push, The
Kiss, The Blood etc…
En gros, vraiment super pour un vieux fan comme moi.
Au bout de trois heures, ceci dit, mollets en bois. Dodo.
Pas vu M83.
Les choses sérieuses ont donc commencées hier
avec Archers of loaf, des grunge/slacker plus que sympa. Lee Ranaldo a assuré
ses chansons pop avec son backing band de papys (dont Steve Shelley) puis Death
Cab for cutie s’est lancé dans une heure de best of pro et sans bavure (voire même
un peu trop pro).
Je connaissais peu Beirut, mais j’ai été
séduit par ces chansons toutes sur le même modèle, sans véritable couplet ou
refrain, mais simplement une mélodie reprise différemment vocalement ou à la
trompette. Le charisme tout en simplicité du chanteur fonctionne à merveille.
The XX assurent à mort. Très carré, voix qui s’entremêlent
parfaitement et un maître d’œuvre qui fait la majeure partie du boulot
derrière. Contraste entre une partie instrumentale limite stérile et des voix
pleine d’émotions.
Litre (s) de bière ingurgité (s) : 1 (je
vieillis et la queue d’une demi-heure aux buvette aide bien)
Tout à l’heure : Nick Garrie, Other
Lives, The Chameleons, I Break Horses, Cure, M83.
David Gedge est un personnage de récit fantastique. Lorsqu'il entre sur scène, tu te rends compte qu'il a bien vieilli (la dernière fois que je l'avais vu c'était il y a presque vingt ans), mais dès qu'il passe la sangle de sa guitare, tout ça est oublié. Il n'a pas vieilli d'une seconde. Il est toujours là, comme avant, la voix toujours aussi poussive (mais il chante plus juste), comme s'il ne vivait que pour ça, faire un peu de bruit avec un instrument et un ampli, quelque soit la taille du public (et hier, elle était conséquente).
Wedding Present a joué Seamonsters et c'était très bien.
On ne peut pas en dire autant de The Walkmen, groupe de cadres UMP quadra, jouant de la pop remplie de clichés et de progressions vues et revues. C'est donc ça qu'est devenue la musique indé pendant que j'avais le dos tourné: de la variété française chantée en anglais. Pas mon idée de la pop.
Jeremy Jay a bien essayé de faire quelque chose avec ses morceaux sur trois pattes, mais le manque d'âme ne pardonne pas dans ses conditions. On mettra tout ça sur le compte de la jeunesse.
Litres de bière ingurgités lors de cette première soirée: 1,5.
Ce soir: Archers of loaf, Mudhoney ou Death Cab for cutie (ouah, le choix), The XX, Beirut etc...
Mon erreur du séjour a été de partir avec de grosses chaussures de skate que je venais de me payer à Hossegor. Trop lourdes, trop chaudes. Je viens donc d'acheter des zapatos d'Allemand bien plus légères et moches qui vont probablement me faire très mal aux pieds. Demain, on comptera les ampoules...
13:05
On mange très bien ici, la vie est agréable. On flâne, on va de la mer aux collines, on boit des canas et on mange des tapas. Le riz noir est toujours aussi bon.
- Sagrada Familia: pas eu aussi mal au cou depuis la chapelle sixtine. Presque aussi beau, d'ailleurs.
- Parc Guell: décevant, trop d'Allemands en shorts.
- La Rambla: à la fois agréable et énervant.
- Les disquaires: toujours tentateurs en diable et bloqués à la même période que moi (quel plaisir d'entrer chez Revolver au son du Lazarus des Boo Radleys).
- Gaudi: omniprésent, mais visites bien trop chères.
Ce soir, la deuxième partie du séjour commence avec les Wedding Present. Le festival est sponsorisé par San Miguel: un bon signe...
J'ai enfin vu la fin de la première saison de Luther (avec deux semaines de retard sur sa diff télé) et je suis partagé. Ca partait bien, c'était noir, pas trop caricatural, complexe et intelligent et puis peu à peu, je trouve que c'est devenu vraiment too much, avec une intrigue plus du tout crédible et des personnages auxquels on ne croit plus une seconde.
Les deux derniers épisodes de la saison étaient vraiment symptomatiques du problème. Et je crois que la mort de la femme de Luther avec la musique qui fait pleurer (mais si, toujours la même, utilisée 1000 fois, celle de la dernière scène de Six Feet Under) a été la goutte d'eau. Cliché, cliché, cliché. Clic clac Kodak, aurait dit Chirac.
Vu aussi La Conquête. Passé les trois premières minutes de franche rigolade "Whaou, t'as vu comme il imite bien Chirac, hein?", le film devient un bon résumé de la campagne de 2007. On savait déjà tout, mais le voir mis en situation change un peu le regard porté sur les évènements. On aurait presque envie qu'il y ait une suite.
Demain, départ pour Barcelone pour une semaine. Pas d'accès au net. Soyez sages.
10:53
Le professeur Etienne vient de partir. Encore une fois, après la projo d'A Scanner Darkly, hier soir, il a assuré comme un chef. J'ai bien essayé de parler "changement de paradigme" et de rappeler que Dick prenait beaucoup de speed, mais ça n'a pas pris. Il a monopolisé l'attention d'une salle pleine façon Robin Williams dans le cercle des poètes disparus et a signé à tour de bras.
Pendant qu'il dédicaçait à ses fans, je papotais avec deux frères un peu plus âgés que moi, véritables passionnés de SF dont le discours me paraît totalement symptomatique de ce qu'il se passe avec le genre. Ados et jeunes hommes, les gars en lisaient des tonnes, leur "trilogie divine", comme ils m'ont dit, était Dick, Ballard et Silverberg, ils envoyaient des courriers des lecteurs à Fiction ou à Horizon du fantastique et ont peu à peu arrêté d'en lire, avec l'âge et les responsabilités. J'ai l'impression que c'est ce qui s'est passé avec 95% du lectorat des années 70/80. Ils se lamentent désormais que leurs filles de 18 ans ne lisent pas et ne sont intéressées que par les DJ.
Je vais m'arrêter là avant de commencer à parler de la mort de la SF.
Je crois avoir lu la plus mauvaise bédé de l'année (le concept était déjà pourri, mais l'exécution est comment dire... désastreuse). Je vous laisse deviner de quoi il s'agit.
Encore une excellente critique du recueil dans Chronic'art. J'aurais aimé aussi que mon nom soit correctement orthographié, mais ne boudons pas notre plaisir.
10:19
On avait compris que l'expression "culte" craignait depuis qu'elle était couplée à tout et n'importe et que des animateurs de NT1 l'utilisaient pour qualifier Dallas ou Berverly Hills. Ce matin, à la radio, j'ai entendu une pub pour l'adaptation cinoche de Sur la Route qui disait: "adapté du roman emblématique de Jack Kerouac".
Ok, emblématique.
Marchera jamais...
Lu The Pinkerton diaries, le journal de Rivers Cuomo qui démarre juste avant la sortie du Blue album et finit après la tournée de Pinkerton. Entre les lignes, on y lit un inadapté social qui se cherche, souffre, fait des plans de vie et se plante assez souvent. Passé les essais scolaires et les partitions, le mordu sera content de trouver l'intégralité des paroles et les différentes track-lists de Song From the Black Hole. Sur la naissance du projet et son abandon, il faudra chercher ailleurs. Heureusement qu'il y a de bonnes photos...
09:22
Rentré de Seignosse un peu plus tôt que prévu. L'océan sous la flotte et le froid, c'est vite chiant. Le hors-saison, ça doit ressembler à la vieillesse.
Soudaine envie de réorganiser les bibliothèques. Pas le courage de m'y lancer à fond. Quelques réajustements seulement. Quelques vieilleries montent au grenier. "Tiens, je l'ai en double, celui-ci." En Terre Etrangère, si ça intéresse quelqu'un.
Je ne sais plus trop si j'ai enfin le droit d'évoquer le gros projet bédé sur lequel je bosse. Peu importe, je n'en ai guère envie. Tout se déroule bien, dans mon coin, et malgré la pression. Le dessinateur est monstrueux, l'entente est parfaite avec les éditeurs. Le travail est très agréable.
Le week-end dernier, à Paris, j'ai fait quelques repérages photo pour cette bédé, justement. Balades agréables du côté du parc Montsouris (j'ai envie vu la villa Seurat) et découverte du square Montsouris, une superbe ruelle couverte de verdure et de maisons improbables (des colombages datant des années 20, c'est assez rare).
Samedi, journée de dédicaces à Aulnay sous bois à côté de Christian Léourier qui m'a raconté comment Paris avait changé depuis son enfance. Tout cela était assez synchrone.
Je passe sur les bons moments avec Jérôme et Déborah M., Rurik S., Fred B., Jim D. et David F. (ok, ok, je ma la joue Fabrice C., je sais).
Maintenant, il faut préparer Barcelone. D'ailleurs, si vous avez des adresses (bars, restos, librairies, disquaires etc..), n'hésitez pas. Nous sommes calés niveau architecture et musée, mais intéressés par les bons petits plans qu'on ne trouve pas dans les guides.
16:13
Samedi, je serai en dédicace toute la journée à Aulnay sous bois (Futuriales), mais je serai à Paris vendredi et dimanche, amis parisiens, si vous voulez qu'on se voit (sonnez-moi).
Je rappelle que je serai ensuite le 22 mai à l'Utopia de Bordeaux pour présenter A Scanner Darkly avec le professeur Etienne. Il y aura sans doute une autre date de ce genre à Paris, probablement en septembre.
10:26
Le grand fan d'Howard Chaykin que je suis n'avait jamais lu Blackhawk, sa reprise de la série de guerre créée (entre autres), par Will Eisner. Pas déçu. Tout y passe, les enchaînements de scène à scène les plus subtils, le sous-texte politique plutôt gauchiste, l'aventure débridée, les punchlines dévastatrices et les pépées en porte-jarretelles. Ca a un côté radical dans la forme (merci aussi au lettreur Ken Bruzenak) qui n'a jamais été repris depuis dans la bande dessinée grand public. On encense encore et toujours Moore, Morrison et Miller, mais il y a encore beaucoup de choses à aller chercher chez Chaykin (répétez cette dernière expression trois fois de suite, pour voir).
Malheureusement, personne ne l'a lu.
Steven Shaviro en disait du bien et ça faisait longtemps que je voulais le voir: Gamer (Ultimate Game dans vos bacs à solde) est sans doute le film qui décrit le mieux la société du spectacle du 21ème siècle.
That is to say, Gamerdoesn’t just describe the situation of neoliberalism’s “world of entertainment”; rather (or in addition) it fully embodies this situation, with a sort of gleeful reveling in its crass excesses. There is something at work here, which all our theoretical language of critique, and negativity, and ideology, and so on, is utterly unable to describe. I want to say that in some very deep sense, Gamer exposes what Adorno might call the “truth” of neoliberal society, or what Zizek might call the “obscene underside” of consumerist enjoyment; and indeed, it also exposes the basic exploitation of labor, driven by the imperatives of capital accumulation, that orthodox Marxists would (rightly) say lies behind these ideological and affective processes. But it does all this without “estranging” us from the spectacle it offers us in any way, and without establishing any sort of critique or moral condemnation. Gamer, like many important works of recent years, is doing something that does not fit into the languages of critique and negativity that we have inherited from the nineteenth and twentieth centuries. No recourse to Brecht, or the Dadaists and the Surrealists, or the Situationists, etc., etc., is of any use to us in understanding what’s going on here. And yet the gesture of a film like Gamer needs to be distinguished, in some sort of way, from the gestures of (say) Transformers: Revenge of the Fallen. This has something to do with the way that Gamer takes the premises animating Transformers (which are the dominant premises of the society we live in) more seriously and more literally thanTransformers itself does — and thereby it “unmasks” the hypocrisy and stupidity of Transformers.
Je n'en ai pas encore parlé, mais j'ai pu donc lire le petit guide d'Etienne sur Dick. C'est parfait. A la fois une introduction pour ceux qui découvriraient l'auteur et un tout-en-un pour le passionné qui a besoin d'avoir les infos de base sous la main. Etienne réussit tout de même à m'apprendre une ou deux choses au passage (plutôt pas mal) et me fait penser à un vulgarisateur non pas scientifique, mais littéraire, une sorte d'Asimov ou Etienne Klein qui aurait copulé avec Lagarde et Michard. Il n'usurpe pas son surnom de professeur, quoi, et parvient à expliquer de manière simple et élégante des concepts parfois assez casse-gueule.
Nous présenterons d'ailleurs tous les deux une séance à l'Utopia de Bordeaux le 22 mai à 20h30. On projettera A Scanner Darkly puis on en parlera un peu avec la salle après le film. Vu comment s'est excellemment passée la précédente conférence, ça devrait le faire.
16:08
Vendredi, j'étais à Genève pour parler de SF et dédicacer des bouquins au salon du livre de la ville avec Laurence Suhner, Lucas Moreno et Vincent Gessler. Ravi de revoir tous ces Helvètes, un peu l'impression de me retrouver aux Utopiales. Mais force est de constater qu'ils sont aussi gentils sur leurs terres qu'en Bretagne. Néanmoins, par principe, nous continuerons à dire du mal d'eux dans le Palais des Déviants.
La soirée s'est finie au restaurant éthiopien avec, entre autres, Roland et deux éditeurs que je rencontrais pour la première fois, Mireille de l'Atalante et Jean Pettigrew, des éditions québécoises Alire (la ville, c'était Maniwaki, Jean...). Evidemment, nous avons parlé politique. Je ne me suis pas énervé, nous étions tous à peu près d'accord.
Week-end à Lyon. Conférence devant une salle comble sur Dick samedi, organisée par les excellents fou furieux d'AOA production puis, le lendemain dédicace avec l'ami Etienne et la conquérante de l'Ipad Sylvie Lainé. L'idée de mêler vide-grenier geek et salon littéraire était assez réjouissante tant elle sortait des sentiers battus des festivals habituels. Le public, l'ambiance, tout était différent. D'autres devraient en prendre de la graine. Ils ont un paquet d'idées qui méritent d'être piquées (ou empruntées, disons).
Etienne a signé 250 bouquins pendant que je faisais des bises à mes fans (je suis un mauvais vendeur, je n'y peux rien) et que j'achetais des bédés de Conan et des romans de Delany. Plaisir de papoter avec les amis Gilles, AFR, Raphael, Luc et Pedro...
Si les relous Lyonnais n'avaient pas investis la ville dès la finale gagnée samedi soir, le week-end aurait été parfait.