Ado, j'aimais bien Antoine de Caunes. Il faisait des trucs marrants à la télé et présentait la meilleure émission musicale, Rapido. Il avait l'air cool, intelligent et sympathique. Avec le temps, je commence à penser que sa "carrière" ne doit qu'à ses origines familiales et à ses relations avec les bonnes personnes. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit d'un imposteur, mais son manque de talent évident dans nombre de domaines prouve qu'il n'en est pas loin. En plus d'être mauvais acteur et le moins drôle du duo qu'il formait avec José Garcia, De Caunes est un piètre réalisateur. Son film sur Coluche que j'ai vu hier en est un bon exemple. Malgré les moumoutes, les voitures vintages et les imitations de personnages plus ou moins connus (reconnaître Reiser avant de voir ses dessins restait compliqué), le film est raté de A à Z. Il faut bien avouer qu'avec un sujet pareil, difficile de passionner les foules. Le pseudo suspense sur la candidature de l'humoriste aux élections n'est pas vraiment digne des Trois Jours du Condor ou de Marathon Man (d'où d'ailleurs l'absence du moindre dentiste). Le côté vie privée du personnage n'est pas exploité à fond, le réalisateur hésitant entre plusieurs optiques pour finir par n'en choisir aucune. Un véritable biopic à la Man on the moon, pour boursoufflé qu'il aurait été, aurait sans doute bien plus fonctionné tant les années 80 de carton-pâte et certaines scènes (le manager qui fait voler la poudre) semblent trop réductrices.
J'ai fini la soirée en lisant le American Splendor paru chez Ca et là. J'ai trouvé ça vraiment excellent et j'ai repensé à Fred J. qui m'a parlé de Carver ce week-end. Ca peut sembler peut-être illogique, mais non en fait.
Rien à voir, mais demain, l'excellent Pat Marcel dédicace à 16h chez Mollat. Voici la présentation qu'a fait Loïc de l'événement.
Patrick Marcel ne se contente pas d'être un excellent traducteur d'auteurs de l'envergure de Mary Gentle ou Neil Gaiman, c'est aussi un érudit de l'entertainment de l'Imaginaire. Livres, séries télé, comics, BD, films, Patrick Marcel est un puits de science qui restitue son savoir avec un bonheur et une bonne humeur communicatifs. Ne le ratez donc pas à son passage à la librairie pour la dédicace de ses Nombreuses Vies de Cthulhu qu'il a publié en septembre aux Moutons Electriques.
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J'ai encore des choses à débriefer des Utopiales. Il faut notamment que je parle du concept dont m'a parlé Hal Duncan. En attendant, allez donc écouter Etienne parler de Fantomas. Il est né pour la radio...
11:42
lundi, novembre 02, 2009
Les Utopiales, donc. Intense. Des amis, de la bière, des nouvelles connaissances, des branlées au billard et le plaisir de retrouver tous ces gens que je ne vois pas assez souvent.
En rentrant, je découvre cet article de Fabrice, qui rebondit sur des propos que j'ai pu entendre à des comptoirs ou des tables giraféennes. Le seul truc qui me dérange dans ce texte vient de la roublardise de Fabrice qui évite soigneusement de mentionner le mot fantasy. Qu'il n'ait jamais écrit de pure SF me paraît évident. Mais j'aurais pu signer son deuxième paragraphe en changeant seulement quelques mots. Remplacer Heinlein par Tolkien, par exemple. Ce que je veux dire par là, c'est que peu importe l'endroit d'où l'on vient précisément, on habite le même pays mental, le même ideaspace (j'ai soigneusement évité le mot imaginaire ici). La destination est différente pour chaque auteur, mais la base qu'elle utilise, des vaisseaux spatiaux ou des épées et des mages est la même: elle décalamine les neurones, ouvre des possibilités, transforme les enfants mal dans leur peau en monstre d'imagination et de délires. Je suis assez d'accord sur la conclusion de Fabrice (et son paragraphe d'ouverture fait vraiment du bien à entendre), mais j'espère que tout ça n'est pas trop pris au sérieux, ni par lui, ni par les lecteurs. Il y a dix ans l'anthologiste dont il est ici question, Serge Lehman, sortait une antho avec les mots sense of wonder, rêve et aventure en bandoulière. Le steampunk français, ses références et ses courses-poursuites, explosait. Encore quinze ans plus tôt, le groupe Limite cherchait et expérimentait. Ce retour au style, à l'écriture est évidemment cyclique. Dans dix ans, on se repétera la gueule dans l'espace. Il n'y a pas de progrès, mais des vagues. N'allez pas croire par là que je préfère un camp ou l'autre. Je suis le genre de mec qui peut, dans une même soirée, lire Pierre Michon et un recueil de Superman des années 50. Mais j'aime bien me poser sur une plage et regarder les déferlantes...
19:08
J'ai fait quelques vides-greniers récemment. La petite adore regarder les gens qui se promènent, j'aime bien manger des crêpes pas chères et parfois, au milieu des K7 de Steven Seagal et des 33t de Sardou, on tombe sur des trucs pas mal. Par exemple hier, j'ai résisté à la tentation des 11 premiers numéros de Métal Aventure. Ne me demandez-pas comment j'ai fait, je l'ignore moi-même. Le mec vendeur branché comics lâchait des vieux Conan d'Arédit en excellent état et des vieux Strange et Titans. Malheureusement, je n'avais pas ma liste de Titans qui me manquent. Je suis donc reparti avec deux crêpes dans le cornet, mal au dos parce qu'Iris ne marche que si on lui tient les bras, ce qui oblige à se plier en deux, et trois DVD (1 euros les trois) du Sherlock Holmes de Mizazaki. Et samedi, au salon du disque, j'ai trouvé ça puis une version allemande du Giant Steps et de Coltrane et un vieux Prince donné.
Ha et pour ceux qui ne suivent pas Twitter, je le répète ici: le dernier Weezer est une purge immonde.
14:05
vendredi, octobre 23, 2009
J'ai d'abord cru que je négligeais ce blog au profit de Twitter, mais étant donné le peu de tweet que je poste, je m'aperçois que je passe de moins en moins de temps sur le net. Tout simplement parce que j'ai autre chose à foutre. Avec une fille qui commence à marcher et une maison bien plus grande (sans parler du jardin), le quotidien demande plus de temps et la charge de travail ne baisse pas, bien au contraire (et je ne m'en plains pas). Avec l'automne et le froid, je découvre le plaisir de faire un feu de cheminée et de se planter à côté pour lire. Bien plus adapté que le tram. J'aurais d'ailleurs bien besoin d'une semaine de lecture pour rattraper mon retard (chose nouvelle, je suis même en retard sur les comics, ce qui ne m'était jamais arrivé auparavant).
Maté le premier épisode de Torchwood: Children of earth et positivement impressionné. J'en reparlerai sans doute lorsque j'aurais vu les cinq épisodes.
Je serai aux Utopiales de Nantes du vendredi au dimanche. J'aurais quelques exemplaires de Neurotwistin' à vendre. Ceux qui sont intéressés peuvent d'ores et déjà me contacter par mail.
10:49
En trois jours à Paris j'ai: - Acheté un tas de comics que je n'ai même pas le temps de lire (me manque tout de même deux Wednesday Comics). - Pas acheté de disques, rien trouvé d'intéressant à prix honnête. Heureusement qu'il y a le salon du disque à Bordeaux le week-end prochain. - Vu les Pixies jouer le meilleur album de tous les temps (à mes yeux en tout cas, mais j'en demande pas plus). Un côté travail bien fait, scolaire, qui lasse à la troisième fois qu'on voit le groupe. Et malgré le super son, je ne sais pas, l'émotion du rêve devenu réalité n'était plus là. - Vu des potes, la seule chose qui pourrait me faire regretter de ne pas vivre à la capitale. Mais là, ce seraient ceux de Bordeaux qui me manqueraient. Je les ai probablement saoulés en leur racontant ma vie à la campagne et les moindres faits et gestes de ma fille. La palme de la phrase du jour revenant haut la main à Fred avec son désormais célèbre: "Tout de même, les marins-pêcheurs, quelle vie..." - Pris une cuite, comme je n'en avais pas prise depuis longtemps. Ce qui m'a emmené à discuter avec des sympathisants UMP refusant le sexe avant le mariage et, totalement engourdi par l'alcool, à leur répéter simplement : "non, mais sérieux, tu crois en Dieu?"
Les miracles d'internet (ou dans ce cas, plus précisément de Flickr). Si vous ne vivez pas, comme moi, avec une neuropsychologue, vous ne connaissez peut-être pas Phineas Gage. Alors allez voir ici. Et maintenant, lisez l'histoire de sa photo.
Je me demande bien ce qu'il foutait chez Barnum, dans le genre attraction sans grand intérêt...
13:25
Depuis le temps qu'il me parlait de son Tancrède, Ugo Bellagamba avait piqué ma curiosité. Et même si le sujet ne me branchait pas des masses a priori, je me suis plongé dans son roman. Bien m'en a pris. A une réserve près due au système de narration, le bouquin est sensationnel. Idée brillante (et contrairement à ce que je croyais, totalement accessible à un inculte comme moi) et écriture riche et travaillée. Bluffant. Je ne dévoilerai pas ici l'argument. Sachez juste qu'il s'agit d'une uchronie à la bifurcation (tout au moins jusqu'au point final du livre) assez fine et au personnage central fascinant.
09:46
Après un week-end d'images, j'ai du mal à me sortir du monde 80/90 ligne claire qui a été mon quotidien pendant deux jours. Par la magie de la synchronicité, j'ai reçu samedi un catalogue de vente aux enchères d'album des années 50, les classiques, quoi et je me prends à rêver de ce que serait mes collections de vyniles et de bédés si j'avais de l'argent. Je deviens sans doute plus sélectif en vieillissant, amassant moins, mais recherchant plus la qualité, le bel objet. Et sans doute aussi vieux con puisque tout ce que m'intéresse, dans presque tous les domaines, semble dater d'au moins dix ans et que rien d'actuel ne trouve de grâce à mes yeux. Symptôme personnel ou effet d'accélération et de flou de notre époque?
J'ai oublié, l'autre jour, en complément du livre de Wareham, de conseiller le blog de l'excellent Ken Stringfellow, bien meilleur musicien à mes yeux, qui écrit le même livre que le chanteur de Luna, mais au jour le jour. Là encore, je ne sais pas si cela a un quelconque intérêt pour qui n'aime pas la musique du bonhomme.
11:15
dimanche, octobre 04, 2009
Hier, équipée à Nérac pour les Rencontres Chaland avec ce grand escogriffre d'Elric. Ambiance sympathique, chaleureuse, dédicaces où le lecteur s'assoit à la même table que le lecteur, expositions sans chichis (des planches, des lithos, pas de mise en scène: tant mieux) et des gens sympathiques. Grand moment de la journée, Pasamonik (en remplacement de Dionnet, un éditeur de Chaland remplace l'autre) parlant de Chaland devant un strip de Spirou et devant les parents et l'oncle et la tante du dessinateur qui livrent quelques souvenirs à la fin.
Le grand départ.
Didier Pasamonik m'a traité d'"en voie de talibanisation".