Lu Red Son de Millar.
Pas mal, mais bourré de défauts narratifs et de dialogues qui ne "marchent" pas. Par contre la fin donne un beau vertige et m'a rappelé un vieil album de Superman dessiné je crois par Curt Swan et publié chez Sagédition: La boucle du temps.
Millar aussi a du le lire...
13:24
Lu dans le dernier Galaxies (trés decevant niveau nouvelle, je trouve) cette phrase hallucinante de bêtise. A propos du dernier Silverberg, Bozzetto écrit:
"Voilà une uchronie réussie, or depuis Pavane de Keith Roberts, malgré quelques tentatives, le genre s'étiolait."
Bon, alors deux jours d'Angoulême c'est bien, mais ça fatigue. Tu traces partout, tu te gèles, mais tu vois des trucs cools comme:
- Martin Winckler qui se promène.
- Yann, Mathilde et Rica dans ta bagnole.
- Afif (accueil champagne et caviar, mais pas frais le matin)et Rémy.
- Zep et Rosa qui dessinent Picsou. Mais l'expo n'était pas super. Chouette scénographie mais quasiment pas d'originaux.
- Bruce Wayne déguisé. Yeah!
- Pas mal de comics, un manga, et le dernier Witko dédicacé.
- Jérôme qui vend des bédés de chez Casterman et Niko serial interviewer.
- David Lloyd: Manu et Mick n'en sont toujours pas revenu.
- Un apéro bédé mag et tous la clique de la revue.
- Patoche évidemment, dans son élément, qui voit Mornet par hasard alors que j'ai cherché à le toper durant deux jours sans succès.
- Un palmarès bidon, avec Satrapi en grande gagnante, comme quoi le lobbying de Sfar a bien fonctionné (et oui, c'était simplement pour ça, sans doute, la lettre naze sur la copine mignonne et tout et tout). Heureusement, que Robinson a eu un truc pour rattraper. Mais bon, Peeters méritait le prix 100 000 fois plus, bordel, il faut le répéter.
- Nikolavitch qui dédicace.
- June, Ceransky et Gilles: trop court.
Et tu reviens de là, tu racontes sur ton blog et t'oublie sans doute les trois-quarts des choses.
17:42
Lu la prépub dans Bodoï du prochain Hermann scénarisé par son fils. J'avais vu les planches lorsque j'étais allé chez lui et il m'avait dit que son fils lui faisait un truc à la Ellroy.
Ouaargh! Mort de rire, le truc à la Ellroy ressemble à un vieil épisode des Rues de San Francisco écrit avec les pieds....
Je ne lis pas que des trucs nuls, loin de là. Le TPB She-Hulk est trés bien.
Les razzies de Bifrost sont drôles, même si je ne suis pas d'accord sur tout (loin de là).
19:59
Et bien finalement Wanted se révèle aussi pourri que Chosen. Millar semble ne pas connaître la finesse et joue le rebelle à deux balles en larguant une conclusion à sa mini-série aussi lourde qu'un loukoum au foie gras. C'est idiot, pas provocateur et tellement grossier que même au second degré ça ne prend pas.
Le Procés me fait de l'oeil. Je viens de voir le DVD au Virgin et il va passer à l'Utopia. Résisterai-je?
Si c'est aussi naze que F comme Fake, vérités et mensonges, ça sera sans moi.
J'en vois déjà deux crier au scandale, mais désolé, le coup du faux documentaire mal foutu, monté par un lévrier épileptique, sans profondeur et qui loupe carrément le coche, ça ne l'a pas fait du tout...
Haaa, Orson, sortirons-nous un jour de cette relation bizarre que nous entretenons, toi et moi? (et oui, je parle à Welles, mais je parle à plein de gens, vous savez.)
Nous avons donc acheté du thé (ce qui n'a rien à voir) dans le magasin que Patoche m'a indiqué: du darjeeling de base, du vanille et un autre mélane à base de fruits rouges.
Et j'aurais d'autres choses à dire, comme ceci, un peu au hasard, mais non, pas maintenant...
18:45
Un de mes profs de fac (je ne me souviens plus qui) a dit un jour que pour vérifier qu'un étudiant avait bien compris un auteur, plutôt que de lui faire faire un commentaire de texte, on devrait lui demander de faire un pastiche, un "à la manière de".
Je crois qu'il avait raison.
Je crois aussi que je n'aurais pas eu beaucoup de diplomes si cet examen avait existé.
Je pense connaître suffisamment Dick pour pouvoir écrire un texte qui rassemble ses problèmatiques et son type de narration. Je devrais pouvoir m'en sortir aussi, en me creusant un peu, avec Hunter Thompson.
C'est le 18 janvier 75 qu'est paru le premier numéro de Métal Hurlant, il y a donc pile 30 ans et un jour.
J'ai l'impression qu'on n'a pas beaucoup progressé dans la bédé de SF. Dans d'autres genres, oui, et notamment dans l'ouverture vers des domaines où le 9° art n'avait pas de prise, mais il me semble que la science-fiction graphique n'a fait que ressasser les mêmes thèmes depuis l'époque...
Et puis, la liberté de ton d'A toute Berzingue me manque...
Je prends plus de plaisir à relire des vieux Métal et leurs chroniques bien années 80 qu'à ouvrir n'importe quel magazine d'aujourd'hui.
Je ne veux pas me la jouer nostalgique (je ne peux pas, je n'ai découvert la revue qu'après coup), mais bon, c'était tout de même trés trés bien, jusque dans ses erreurs... (le coup du Blade Runner, c'est Philip K. Dick qu'on assassine tombait magnifiquement à côté, mais bon, c'était Maneuvre aussi...)
Des choses à raconter, mais peu de temps pour le faire...
Je traduis, j'ai un communication pour un colloque à préparer, une intervention pour des bibliothécaires à faire, Angoulème approche et, pour ne rien arranger, je me suis fixé un but: une nouvelle par mois (en plus du recueil). Autant dire que d'ici avril, je ne vais guère chomer.
Alors, continuez à animer les commentaires, les gars...
13:36
Après deux épisodes, Lost est décidément trés bien, trés surprenant. Les potes avaient raison...
Les séries commencent à être plus intéressantes que le cinoche hollywoodien. Plus imaginatives, plus osées et surtout, grâce à leur longueur, plus focalisées sur les personnages.
L'autre jour, lors d'un débat que j'animais, une femme poussait des cris contre la télé en général. Ben, niveau création, la téloche américaine en a à nous remontrer, mais l'intelligentsia naze se fait un devoir de "ne pas avoir la télé" ou de "trouver qu'il n'y a rien de bien".
Tiens, en parlant de potes, y'en a deux qui tchatchent à la radio ici...
11:42
Le Château ambulant est un magnifique film de fantasy. Un Boy meets girl, finalement, avec des sorcières et des péripéties, mais une histoire trés simple où les sentiments prennent le pas sur l'intrigue. Je préfère le Miyazaki où il ne se passe rien de Kiki ou Totoro que celui-ci, échevelé, mais ça vaut tout de même le coup d'oeil voire beaucoup plus.
Un truc qui vaut aussi le coup d'oeil, c'est le Hardcover The Originals de Dave Gibbons, un histoire de jeunes mods qui affrontent des rockers dans un univers rétrofuturistes où son graphisme fait merveille. Les scènes de danse montrent les limites du dessinateur, car son trait raide ne rend pas bien le mouvement, mais les décors sont magnifiques et l'intrigue intéressante, bien que simple.
10:10
Beaucoup de réactions après l'ajout du lien de Larcenet. Manu est déçu, Gilles trouve ça chouette et Lolo est d'accord avec moi, sa sortie sur la critique est assez malvenue et... bête (j'entends par là, simplement dictée par des émotions et sans aucune trace d'intelligence).
Il se trouve que les deux tomes du Combat Ordinaire ont été encensés par pas mal de gens (moi le premier) et qu'aller chercher un mec sur un forum qui a dit que c'était "facile" pour prendre la pose du mec incompris, c'est pas trés crédible. Surtout lorsqu'on lit ça: "Mais c’est sans doute pour ça que, même si je me plante, si je fais un mauvais livre, même si je suis à côté de la plaque, que j’ai raté mon coup, eh bin ça me fait chier de lire que ce que je fais est « facile »." Toutes les justifications précédentes s'effondre, Larcenet explique que même si ce qu'il fait est naze (ce qui n'est pourtant pas la cas, loin de là), et ben il n'a pas envie qu'on le lui dise.
Voilà, ça, je comprends pas. Le mec bosse comme un malade et s'expose (publier un livre c'est pour qu'il soit lu), mais ne veut que les retours positifs, parce que sinon il a mal à son petit coeur d'artiste sensible.
Merde.
Si tu t'exposes, attends toi à recevoir des fleurs et des tomates dans la gueule ou alors fait ton truc dans ton coin. Et le couplet sur "ça nous rend vulnérable" de sortir un livre, c'est limite du foutage de gueule, je pense.
L'exposition fait partie de l'art et s'il la vit mal, c'est peut-être parce qu'il vit tout mal, ce type.
Les attaques des "auteurs" sur "la critique" me sidèrent (surtout en bédé où la critique qui dit du mal n'existe tellement pas qu'il faut aller pêcher les réactions négatives sur les forums). Il est de bon goût de dévaloriser la fonction de critique, alors qu'elle est indispensable pour analyser et remettre en perspective les oeuvres qui paraissent.
Mais bon, certains préfèrent sans doute qu'on n'analyse pas trop leur travail (je ne parle pas de Larcenet, là).
Pour en revenir à lui et ne pas susciter de polémique démesuré (ce post est sur l'attitude idiote de certains auteurs face à la critique), je répète que je trouve le travail de Larcenet magistral, fabuleux, bref, génial.
Mais sa façon d'appréhender ledit travail, avec sa condescendance de bas étage, est trés trés limite.
14:04
Il faisait tellement beau, hier, que nous sommes allé à la plage. Ca sentait le printemps. Bizarre, quinze jours après noël...
Maté Le Retour du roi, longuet, certes, mais les scènes en plus de batailles sont trés trés chouettes. Et puis les suppléments montrent bien le côté bigger than life du projet. Un truc comme ça adapté à un univers qui me branche (et pas les elfes et les hobbits, dont je suis pas fan, je suis plus fusée et aliens) me rendrait certainement fou.
11:14
Dans le bouquin que je traduis Kim Stanley Robinson revient sur le Golden Age et en fout plein la gueule à Campbell et nous explique que sommes toutes, la trilogie Fondation, élue Meilleure série de SF de tous les temps par les fans ricains, ne vaut pas grand chose à côté de l'histoire de future de Stapleton. C'est bien rentre dedans et bien vu, assez réjouissant.
Il est vrai qu'une histoire de la SF non écrite d'un point de vue américain serait la bienvenue (et ne me parlez pas de Sadoul, hein!!)...
18:16
Shaun of the dead est trés fun, en effet, trés anglais, bref, les gars qui m'en avaient dit du bien ont eu raison... Bonne pioche.
Lu le premier numéro de Superman Strenght, scénarisé par Scott McCloud. Trés classique, mais intéressant, en tous cas assez pour que j'ai méchamment envie de lire la suite...
18:03
Acheté Khimaira et je regrette un peu. J'ai pas envie d'en dire du mal, parce que c'est une bonne initiative et qu'il faut soutenir de genre de choses, mais bon, c'est raté quoi, pour pleins de raisons. En tous cas, cela ne s'adresse pas à moi (d'ailleurs, je ne vois pas ce que fout une section musique, là-dedans: les fans de SF, fantasy et fantastique écoutent-ils exclusivement du goth?).
Peut-être que si j'avais 15 ans et qu'internet n'existait pas, je pourrais trouver ça bien...
Un mag comme SFX en Angleterre, voici ce qu'il manque ici. Malheureusement, on n'a pas la culture adéquate, nous n'avons pas notre Dr Who franchouillard...
13:30
L'effet papillon a été plutôt une bonne surprise... Je m'attendais à un navet et c'est plutôt pas mal. Pas trés ambitieux en regard du thème, mais c'est le genre de pitch à la Twilight zone dont je ne me lasse pas. Faut dire qu'on n'en voit pas assez souvent et qu'en littérature c'est archi-dépassé.
Je lis une chiée de nouvelles pour la version française de Fantasy & Science Fiction à laquelle je collabore, et c'est un niveau de sophistication et d'intelligence nettement au-dessus. On répète souvent que le ciné a vingt ans de retard dans le domaine de l'imaginaire, mais c'est vrai. Même la bédé ne fait pas montre de beaucoup d'avance dans le domaine spéculatif. Warren Ellis s'y essaie, mais ne semble pas compris. J'en parlais avec Witko hier et il était d'accord pour dire que la SF dans la bédé française n'est pas intéressante, le genre est trés mal utilisé...
Faut dire aussi, si on adapte Bordage ou La Compagnie des glaces, on attire le chaland, mais on fait pas avancer le schmilblick.
19:09
Vu les suppléments du coffret Star Wars et, comment dire, c'est le culte de la personnalité de Lucas. On apprends pas mal de choses, mais on a l'impression qu'il a tout fait, qu'il a écrit l'Empire tout seul, qu'il est Dieu, en quelque sorte.
Une autre légende vient de mourir: Will Eisner nous a quitté à l'âge de 87 ans.
Je l'avais vu en conférence de presse à Angoulême et ça avait été un grand moment de voir ce type en face de moi. Comme si j'avais vu Kirby, quoi, un pionnier super vieux, mais super intelligent et dynamique.
De 1994 à 2000, Alex Robinson a dessiné une histoire, d'abord dans de petites brochures photocopiées puis chez un éditeur, pour aboutir à l'album traduit aujourd'hui chez Rackham et intitulé De Mal en Pis. Six cent pages bien tassés, donc, en noir et blanc qui comptent les tranches de vie de quelques personnages: Sherman, aspirant écrivain qui travaille dans une librairie, Ed, dessinateur de bédé qui travaille comme assistant chez un vieux cartoonist du Golden Age et leurs amis ou autres colocs. On suit leur quotidien sur quelques mois et on se prends d'emblée au jeu de l'auteur qui s'amuse avec le dérisoire tout autant qu'avec le destin de ces personnages. Encré fortement dans un univers de références culturelles américaines, l'album fonctionne tout de même sans la connaissance de tous ces petits renvois au Golden Age des comics ou à la télévision. On regrettera néanmoins que les notes de la traductrices explicitant ces références ne tombent pas toujours juste.
Le dessin noir et blanc semble faire "amateur", un peu fanzine et on ne le voit pas évoluer au fil de l'ouvrage. L'auteur a sans doute privilégié le récit et la vitesse d'exécution à la beauté du trait. On ne s'en plaindra pas car le résultat est un album passionnant de bout en bout, bourré de vie et de personnages crédibles et intéressants, un pavé qui en remontre à Blankets et qui mériterait sans doute plus un prix que l'album très surfait de Thompson. D'ailleurs, il est nommé à Angoulême: croisons les doigts.